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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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Bataille de Wissembourg

Bataille de Wissembourg (1870)

La bataille de Wissembourg ou bataille de Wissembourg-Geisberg est le premier gros affrontement franco-prussien de la guerre de 1870.
Elle a lieu le 4 août 1870 sur la frontière nord de l'Alsace. Elle fait suite aux combats de Sarrebruck du 2 août qui n'avaient engagé que de faibles contingents.
C'est une bataille de rencontre où par manque d'information la troupe se laisse surprendre par un ennemi bien supérieur en nombre et mieux armé.

Généraux Bothmer, Ducrot et Douay
Bothmer.jpg General_Ducrot.jpg General_Abel_Douay.jpg

Au début du conflit, le général Ducrot commandant la 6e division (Strasbourg) fait évacuer les places de Wissembourg et de Lauterbourg qui se trouvent sur la frontière pour éviter d'éparpiller ses forces.
Après protestation du préfet Hepp, le ministère de la guerre ordonne d'envoyer la 2e division du général Abel Douay à Haguenau. L'intendance fait savoir qu'elle ne pourra approvisionner les 1re et 2e divisions si la cité n'est pas réoccupée.
Pour protéger la voie de chemin de fer Strasbourg-Haguenau-Bitche-Metz, le maréchal Mac Mahon qui commande le Ier corps d'armée du Rhin remonte l'ensemble de son dispositif autour d'Haguenau.


Le 2 août, il prescrit :

  • à la 1re division du général Ducrot de s'établir à Lembach pour assurer la liaison avec le Ve corps du général de Failly,
  • à la 2e division du général Douay d'occuper Wissembourg, Weler et les positions environnantes ainsi que le col du Pigeonnier par lequel il se reliera à la 1re division,
  • à la 1re brigade de cavalerie de couvrir la 2e division sur sa droite jusqu'à Scheithal.

Le général Ducrot qui connaît le terrain est chargé de coordonner l'action de ces différentes unités et d'indiquer les emplacements à assigner aux divers corps de la division Douay. Il ne pense pas que l'ennemi soit présent en force dans les parages et qu'il ait la possibilité d'engager quelque chose de sérieux c'est pourquoi il demande au général Douay de rester sur les hauteurs sud de la Lauter et sur le plateau du Geisberg.
Il demande en outre de ne laisser qu'un bataillon dans Wissembourg.


Ducrot prescrit à Douay de relever le 96e RI qui tient le col du pigeonnier et le village de Climbach et fixe à cet endroit la limite gauche de la 2e DI. Le flanc droit sera couvert par la 1re brigade de cavalerie qui sera mise à la disposition de Douay. Il explique enfin que le but de la réoccupation de Wissembourg est d'assurer la majeure partie des subsistances de la troupe.
Au total le général Douay ne dispose que de 8000 hommes au lieu des 15000 que comprend une division du fait de la mauvaise organisation de la mobilisation.

Le 2e DI arrive à Wissembourg dans la soirée du 3 août. Rien n'est prévu pour l'hébergement de la troupe. Les positions sont organisées comme suit :

  • des sentinelles sont envoyées sur le plateau du Geisberg qui domine Wissembourg,
  • le 2e bataillon du 74e RI occupe le village de Wissembourg,
  • le 78e RI relève dans la nuit le 96e RI de la 1re division à Climbach.

Wissembourg

Panorama de Wissembourg
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Point de jonction des routes de Landau, Bitche et Strasbourg, la ville n'est plus classée comme place forte depuis 1867. Elle conserve cependant ses remparts et ses fossés. La rivière Lauter traverse la cité et constitue un obstacle propice à la défense. Les montagnes à gauche, le Bien-Wald à droite empêche que la place soit facilement tournée.

Dispositif allemand

Le 3 août le Kronprinz Frédéric Guillaume, commandant en chef de la IIIe armée, prend les dispositions suivantes :

Quartier général à Landau.

Franchissement de la Lauter prévu pour le lendemain. L'ennemi sera refoulé partout où il sera rencontré.

L'ordre de bataille sera le suivant :

  • la division bavaroise Bothmer en avant-garde se dirigera sur Wissembourg et cherchera à s'en emparer. Un fort détachement la flanquera à droite par Böllenborn et Bobenthal,
  • le reste du corps Hartmann se dirigera sur Ober-Otterbach en contournant Landau. Les trains se porteront à Appenhofen,
  • la 4e division de cavalerie marchera sur Otterbach par Insheim, Rohrbach, Billighein et Capellen,
  • le Ve corps partira, à 4 heures du matin, de ses bivouacs de Billigheim et viendra, par Barbelroth et Nieder-Otterbach, sur Gross-Steinfeld et Kapsweyer. Son avant-garde particulière passera la  Lauter à Saint-Rémi et à Wooghäusern et établira ses postes sur les hauteurs de la rive opposée. Les  trains demeureront à Billigheim,
  • le XIe corps quittera Rohrbach à 4 heures du matin et se dirigera, à travers le Bien-Wald, par Steinweiler, Winden et Schaidt, sur les "Bienwalds-Hütte". Son avant-garde particulière poussera au-delà de la Lauter et placera ses avant-postes sur les hauteurs de l'autre rive. Les trains resteront à Rohrbach,
  • le corps Werder marchera sur Lauterbourg, par la grande route; il cherchera à se rendre maître de cette localité, et établira des avant-postes sur la rive droite. Les trains demeureront à Hagenbach,
  • Le corps Von der Tann quittera ses bivouacs à 4 heures du matin, et, suivant la grande route, viendra par Rülzheim sur Langenkandel, où il bivouaquera à l'ouest de la ville. Les trains resteront à Rheinzabern.

Le quartier général du corps d'armée se transportera à Langenkandel. Le Kronprinz se tiendra, dans la matinée, sur les hauteurs entre Kapsweyer et Schweigen, et établira probablement son quartier général à Nieder-Otterbach.

La bataille

Carte de la bataille
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Le 3 août, le général Ducrot ne croit toujours pas à une prochaine offensive allemande malgré la dépêche de Mac Mahon l'informant qu'il sera attaqué aujourd'hui ou demain.
Alerté par des paysans, Douay envoie une patrouille de cavalerie pour vérifier la présence en nombre de l'ennemi, mais cette dernière ne remarque rien.
Le lendemain matin Mac Mahon réitère ses inquiétudes et demande à Douay de se tenir sur ses gardes et de prévenir Ducrot d'en faire autant.

Le 4 août, le corps d'armée Werder passe la Lauter à Lauterbourg sans rencontrer de résistance. Vers 8 heures, un détachement de cavalerie allemande se heurte aux avant-postes français qui se replient sur Wissembourg.

Alors que les soldats français se livrent aux corvées et travaux quotidiens, une pluie d'obus venant des positions avancées de la division Bohmer s'abat sur le camp. L'objectif des Allemands est d'obtenir une capitulation rapide par un bombardement intense et continu de Wissembourg. La 4e division bavaroise soutenue par deux batteries d'artillerie attaque la petite ville alsacienne dont de nombreuses maisons sont en flamme.

Turcos contre Bavarois
Combat_de_Wissembourg_1er_turcos_contre_infanterie_bavaroise.jpg


Après la surprise les Français se ressaisissent. Douay fait occuper la ville et la gare par les turcos du 1er RTA et une batterie d'artillerie. Le 2e bataillon du 74e RI s'organise en ville et refoule les Bavarois. Les turcos assurent la couverture de la gare d'Altenstadt et bloquent le passage de la Lauter vers l'Est.
Dans le même temps le Geisberg qui domine la vallée de la Lauter, côté sud est mis en état de défense.

Les Français résistent, mais très inférieurs en nombre ils ne peuvent tenir leurs positions. Leurs canons à obus et à balles sont pratiquement réduits au silence. Pendant qu'au nord les Bavarois tentent de pénétrer dans Wissembourg, un second corps bavarois et deux corps prussiens montent à l'assaut du Geisberg en l'attaquant de front et par le flanc.

combats de Wissembourg
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Vers 10 heures, le général Douay se rend compte que cette offensive est d'envergure et qu'il fait face à des troupes très supérieures en nombre. Attaqué de front par les Bavarois et sur le flanc par les Prussiens, il décide de se replier vers le col du Pigeonnier comme Mac Mahon lui avait prescrit. Pendant la retraite Douay est atteint par un éclat d'obus et décède peu après. Le commandement est assuré par le général Pellé. Il laisse au Geisberg la brigade Montmarie et le bataillon Liaud à Wissembourg pour retarder l'ennemi et assurer une retraite en bon ordre.
Un peu plus tard, menacé d'encerclement au château de Geisberg, Montmarie se replie sur Haguenau par la ferme Schafsbuch où il dépose ses blessés.
Le bataillon Liaud est totalement encerclé dans Wissembourg. Les Allemands font sauter la porte de Landau et pénètrent dans la ville. Le maire fait hisser le drapeau blanc et la garnison dépose les armes.

Porte de Landau
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À 15 heures tout est terminé. Cette première défaite fait le constat de l'impréparation de l'armée française. Le général Douay ne disposait que d'une demi-division et son commandement ne fut pas à la hauteur de la situation.
Malgré l'héroïsme des soldats français (fantassins, turcos, tirailleurs, zouaves) rien ne put arrêter le raz-de-marée allemand.

Mac Mahon qui a vu les combats depuis les hauteurs du col du pigeonnier fait retraiter ses 1re et 2e divisions vers Woerth-Froeschwillers au sud-ouest de Wissembourg. Cette position permet de protéger la ligne de chemin de fer stratégique Strasbourg-Bitche, de verrouiller la plaine de Haguenau et de bloquer les cols des Vosges. De cet endroit il pourra résister en attendant les renforts de de Failly.

Sources :

  • wikipedia.org
  • wikimedia commons
  • l'Est Républicain
  • Gallica BNF
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Date de création : 02/09/2020 15:04
Catégorie : - Guerre de 1870
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