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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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Origine de la guerre de 1870

Origine de la guerre de 1870

Napoléon III pense que l'Europe doit être redessinée sur la base des États-nations. Selon lui, créer autant d'états qu'il y a de peuples est la garantie d'une paix durable.
Paradoxalement, il ne voit aucun inconvénient à la réunification allemande. Il restera même neutre lors de la guerre austro-prussienne de 1866 pour la suprématie en Allemagne.
L'Autriche des Habsbourg est la nation dominante du Saint Empire romain germanique puis de la Confédération germanique.

À la suite de cette guerre gagnée par la Prusse, la Confédération germanique créée lors du congrès de Vienne en 1815 est dissoute et remplacée par la Confédération des états du Nord.
Pour ne pas heurter Napoléon III, les états germaniques catholiques du Sud sont exclus de cette unification, mais des alliances militaires défensives et offensives sont signées.

La politique des pourboires

C'est ainsi qu'Otto von Bismarck qualifie la politique internationale mise en place par Napoléon III qui revendique des compensations territoriales en contrepartie de ses actions ou inactions.
Cette technique lui avait permis d'obtenir la Savoie et Nice après son intervention en Italie.
Lors de l'entrevue de Biarritz en 1865 le chancelier allemand avait feint d'accepter que des concessions territoriales puissent être accordées en contrepartie de la neutralité française.
Napoléon III a des prétentions sur la Belgique et le Luxembourg. La transaction semble en bonne voie quand von Bismarck diffuse publiquement le contenu de l'offre française à toute l'Europe.
Sa déclaration déchaîne les opinions allemande et belge. Une conférence réunissant toutes les grandes puissances aboutit à un compromis qui satisfait tout le monde.

Otto von Bismarck
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Au sortir de cette réunion, l'antagonisme entre la France et la Prusse monte d'un cran. L'empereur réalise qu'il a été dupé par le chancelier allemand depuis des années.
Ses participations au Mexique, en Pologne, en Italie et l'affaire belgo-luxembourgeoise isole la France sur la scène politique. Même la Grande-Bretagne méfiante envers les ambitions territoriales de la France se tient à l'écart.

Cependant von Bismarck a besoin d'une guerre, tant qu'à faire contre la France, pour achever l'unification allemande. Il ne lui reste qu'à trouver un prétexte.

La succession d'Espagne

En 1868 la reine d'Espagne Isabelle II est contrainte d'abdiquer à la suite d'une révolution. Les républicains n'étant pas majoritaires le pays se cherche un roi. Bismarck pousse la candidature du prince Léopold de Hohenzollern à l'accession à la couronne d'Espagne. Guillaume 1er tout d'abord réticent accepte finalement cette candidature.
Sans prévenir les diplomaties européennes, une délégation espagnole se rend en Allemagne pour proposer la couronne d'Espagne au prince de Hohenzollern. C'est la consternation dans toutes les chancelleries.

La France qui redoute la reconstitution de l'empire de Charles Quint ne l'accepte pas. Le maréchal Leboeuf ministre de la guerre assure que l'armée française est prête à toute éventualité. Les belliqueux de tous bords exultent. Napoléon III charge Benedetti, son ambassadeur, de demander à Guillaume 1er en cure à Ems de retirer cette candidature ce que ce dernier fait sans problème.

Le duc de Gramont, ministre des Affaires étrangères demande à Benedetti d'exiger du roi de Prusse l'assurance en bonne et due forme du renoncement à perpétuité au trône d'Espagne d'un prince de Hohenzollern. Sur ce point Guillaume 1er ne s'engage pas.

Dépêche d'Ems

Le roi de Prusse fait envoyer par son conseiller diplomatique un télégramme à Bismarck qui se trouve à Berlin. Il s'agit d'un résumé de ce qui s'est passé le matin même entre le roi et l'ambassadeur de France, expliquant la lettre du prince de Hohenzollern et la visite de l'aide de camp à Benedetti. Il charge le chancelier d'annoncer officiellement que l'affaire est close.

Ce soir-là Bismarck dîne avec son chef d'état-major von Moltke et le ministre de la guerre von Roon lorsque le télégramme lui arrive.
Désavoué par le roi il songe dans un premier temps à démissionner, mais il se ressaisit et fort du soutien de ses généraux assurés de la victoire, il rédige pour tous ses ambassadeurs une version condensée du télégramme dont il retire les passages apaisants.

Guillaume 1er
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Télégramme de roi de Prusse

« Sa Majesté m’écrit : « Le comte Benedetti m’a arrêté au passage à la promenade pour me demander finalement, d’une manière très indiscrète, de l’autoriser à télégraphier aussitôt à l’empereur que je m’engageais pour l’avenir à ne jamais plus donner mon consentement, si les Hohenzollern revenaient sur leur candidature.
Je finis par refuser assez sévèrement, attendu qu’on ne devait ni ne pouvait prendre de pareils engagements à tout jamais.
Je lui dis naturellement que je n’avais encore rien reçu et puisqu’il était, par la voie de Paris et de Madrid, informé plus tôt que moi, il voyait bien que mon gouvernement était de nouveau hors de cause. »
Sa Majesté a depuis reçu une lettre du prince. Comme Sa Majesté avait dit au comte Benedetti qu’elle attendait des nouvelles du prince, elle a résolu, sur la proposition du comte Eulenbourg et la mienne, de ne plus recevoir le comte Benedetti, à cause de sa prétention, et de lui faire dire simplement par un aide de camp que Sa Majesté avait reçu du prince confirmation de la nouvelle que Benedetti avait déjà eue de Paris, et qu’elle n’avait plus rien à dire à l’ambassadeur.
Sa Majesté laisse à Votre Excellence le soin de décider si la nouvelle exigence de Benedetti et le refus qui lui a été opposé ne doivent pas être aussitôt communiqués tant à nos ambassades qu’aux journaux. »


Dépêche d'Ems rédigée par Otto von Bismarck

« La nouvelle du renoncement du prince héritier de Hohenzollern a été officiellement communiquée au gouvernement impérial français par le gouvernement royal espagnol.
Depuis, l’ambassadeur français a encore adressé à Ems, à Sa Majesté le roi, la demande de l’autoriser à télégraphier à Paris, que Sa Majesté le roi, à tout jamais, s’engageait à ne plus donner son consentement si les Hohenzollern devaient revenir sur leur candidature. Sa Majesté le roi là-dessus a refusé de recevoir encore l’ambassadeur français et lui a fait dire par l’aide de camp de service que Sa Majesté n’avait plus rien à communiquer à l’ambassadeur. »

Extrait du mémoire de von Bismarck

« Je lus à mes deux hôtes la rédaction qui condensait la dépêche. Moltke fit alors la remarque : « Voilà qui sonne tout autrement maintenant ; auparavant on eut cru entendre battre la chamade, à présent c’est comme une fanfare en réponse à une provocation. » « Je crus devoir ajouter ceci : « Ce texte n’apporte aucune modification ni aucune addition à la dépêche. Si, exécutant le mandat de Sa Majesté, je le communique aussitôt aux journaux, et si en outre je le télégraphie à toutes nos ambassades, il sera connu à Paris avant minuit. Non seulement par ce qu’il dit, mais aussi par la façon dont il aura été répandu, il produira là-bas sur le taureau gaulois l’effet du drapeau rouge.
Le succès dépend cependant avant tout des impressions que l’origine de la guerre provoquera chez nous et chez les autres. « Il est essentiel que nous soyons les attaqués »

La stratégie de Bismarck est claire. Conscient de la supériorité militaire prussienne et désireux de réunir les états allemands derrière lui, il pousse la France à déclarer la guerre pour placer la Prusse en position d'agressée.
Il a l'appui de la presse allemande et de l'agence Continentale et connaît les sentiments bellicistes d'une partie de la presse française.

La diffusion de la dépêche d'Ems dans la presse allemande et dans toutes les ambassades européennes est considérée par une partie de la classe politique française comme un véritable soufflet.
Bien que favorable à la paix et à l'organisation d'un congrès pour démêler l'affaire, Napoléon III et Émile Ollivier se laissent dépasser par les partisans de la guerre.

Adolphe Thiers, opposé à la guerre
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Malgré l'insistance de certains députés à s'opposer à la guerre et suite à la déclaration du maréchal Leboeuf qui prétend que l'armée française est fin prête à en découdre, le parlement vote les crédits spéciaux pour la guerre le 16 juillet 1870.

Maréchal Edmond Leboeuf
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Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse.

Sources :

  • wikipedia.org
  • wikimedia common
  • l'Est Républicain
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Date de création : 30/08/2020 14:18
Catégorie : - Guerre de 1870
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