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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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Bataille de Na San

La bataille de Na San (petite rizière)

Novembre-décembre 1952

Texte et images tirés du travail de Marina Berthier de l'ECPAD

Sommaire

  • Introduction
  • Contexte
    • Le 6e BPC à Tu Le
    • Opération "Lorraine"
  • Aménagement du camp retranché de Na San
    • Situation géographique
    • Forces en présence
    • Implantation dans la Jungle
    • Armée de l'air
  • La Bataille
  • L'évacuation de Na San
  • Conclusion

Introduction

Après plusieurs échecs militaires successifs au cours de l’année 1951 dans le delta tonkinois, le général Giáp, commandant l’Armée populaire vietnamienne (APVN), décide d’engager ses troupes en haute-région indochinoise, entre le fleuve Rouge et la rivière Noire. Le CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient) s’y retrouverait alors en difficulté, loin de ses bases et dans des conditions géographiques et climatiques hostiles qu’il ne maîtrise pas.
En septembre 1952, trois divisions du Viêt Minh envahissent le pays thaï et s’emparent de Nghia Lo.
Le général Salan, qui succède au général de Lattre de Tassigny comme commandant en chef en Indochine, décide d’empêcher la progression du Viêt Minh vers le Laos en aménageant autour de l’aérodrome de Na San un camp retranché, prévu à l'origine pour
accueillir les unités des divers postes français du pays thaï en retraite.
Une importante bataille s’y déroule du 23 novembre au 2 décembre 1952, lorsque les troupes de l’armée populaire du Vietnam  attaquent le camp. Les troupes françaises sortent victorieuses notamment grâce à l’appui aérien.

Contexte

En 1952, l’Indochine entre dans sa septième année de guerre. Après les revers successifs du Viêt Minh durant l’année 1951 dans le delta et au Tonkin face aux forces françaises du CEFEO, le général Giáp, décide de reprendre l’offensive en pays thaï à l’automne 1952.
Le Tay Bac (nord-ouest) est en effet une région stratégique, tant pour le Viêt Minh que pour les troupes françaises.
Convaincus que la victoire réside dans la guérilla et la guerre d’usure, les cadres du Viêt Minh et de l’APVN entendent faire de la haute-région un piège où les troupes françaises perdraient leur supériorité matérielle, dans une région vallonnée recouverte de jungle.
Chaque camp va tenter de s'attirer la confiance des populations. Enfin, la proximité avec la Chine assure au Viêt Minh un appui politique et logistique conséquent pour continuer la lutte contre le CEFEO.
En 1951, les troupes du Viêt Minh ont dû se replier à plusieurs reprises dans le delta, face à des forces françaises avantagées du fait de la proximité de leurs bases et de leur supériorité matérielle.
En octobre 1951, à Nghia Lo, principal verrou français en pays thaï, les parachutistes du 8e BPC (Bataillon de parachutistes coloniaux), du 2e BEP (Bataillon étranger de parachutistes) et du 10e BPCP (Bataillon parachutiste de chasseurs à pied) réussissent aussi à maîtriser les assauts du Viêt Minh (en particulier de la division 312 et du régiment 141) dans ce secteur, lors de violents combats.
C’est après avoir médité sur ces échecs et une fois la saison des pluies terminée que le général Giáp réitère son offensive en haute-région, avec cette fois-ci des moyens plus importants, puisqu’il y engage dans la bataille trois de ses divisions : la 308, la 312 et la 316.

carte bataille de Na San (wikipedia.org)
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Le 6e BPC à Tu Le

À la demande du général de Linarès, commandant les FNTV (Forces terrestres du Nord Vietnam), les parachutistes du 6e BPC (Bataillon de parachutistes coloniaux) commandés par le commandant Bigeard, sautent sur Tu Le, situé à 40 km au nord-ouest de Nghia Lo.
Ils ont pour mission de tenir le poste, d'aider la garnison de Gia Hoï située à 10 km au sud et qui se replie sur Tu Le, et d'intervenir sur les arrières des divisons Viêt Minh alors qu'un assaut massif se prépare sur Nghia Lo.
Attaqué le 17 octobre 1952 par les troupes du Viêt Minh, le poste de Nghia Lo tombe rapidement, après quoi le général Salan ordonne aux postes situés au nord de la rivière Noire de se replier sur Na San.
Le commandant Bigeard qui décide d’attendre les troupes de Gia Hoï pour se replier, retarde le départ de son bataillon et subit une attaque du régiment 165.
Après les combats de la nuit, il décide de décrocher et entame une retraite de 70 kilomètres à travers la jungle, harcelé par la division 312.
Le 6e BPC et son commandant se distinguent particulièrement lors de cet épisode, qu’on surnomme la retraite des mille ou la bandera de Tu Le.

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L’opération « Lorraine »

Devant l’ampleur de l’offensive du Viêt Minh, le général Salan ordonne au 6e BPC du commandant Bigeard et à tous les petits postes du pays thaï de se replier sur Na San.
En même temps, il décide de faire aménager à Na San un camp retranché, susceptible de résister aux assauts du Viêt Minh.
Pour gagner du temps, le général Salan monte une opération de diversion baptisée opération « Lorraine » plus au nord entre le fleuve Rouge et la rivière Claire.
Cette opération de large envergure, confiée au général de Linarès et conduite par le général Dodelier, commandant la 1re division de marche du Tonkin, se déroule du 28 octobre au 17 novembre, avec pour but principal de détourner les unités du Viêt Minh du camp retranché de Na San, en cours d’aménagement.

Opération Lorraine
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Mettant en œuvre trois groupes mobiles, le GAP 1 (Groupement aéroporté) du colonel Ducournau, un sous-groupement blindé, deux divisions navales d’assaut, des unités de franchissement du génie, l'opération menée en deux phases consiste en une manœuvre de diversion en attaquant les lignes de communication du Viêt Minh (la RC2 - Route coloniale n°2) et en détruisant ses dépôts de ravitaillement.
La fouille de la région aboutit à la découverte d’un dépôt de matériel d’une importance et d’une conception encore jamais rencontrées en zone Viêt Minh : des armes, des munitions et pour la première fois quatre camions Molotova2.
Ces stocks sont répartis par petits lots d’environ un mètre cube, correspondant aux besoins d'une compagnie.
Les lots s’échelonnent par centaines le long des pistes de la forêt, soigneusement dispersés et camouflés, de sorte qu’ils sont pratiquement invulnérables aux bombardements aériens.
Une collection de ces matériels d’origines variées : russe, tchèque, chinoise, allemande, japonaise, américaine, est ramenée à Hanoï pour y être exposée. Le reste est détruit sur place ».
Au total, 250 tonnes de munitions, 52 fusils-mitrailleurs et mitrailleuses, 36 mortiers, 23 bazookas, 1 000 fusils, 3 canons sans recul, 1 jeep et 4 camions Molotova sont récupérés.

Par ailleurs, cette manœuvre nécessite plusieurs franchissements de rivières. Les forces mobiles du Tonkin doivent établir une tête de pont sur la rive nord du fleuve Rouge et mener une opération aéroportée conjuguée avec une action des blindés sur la RC2 et de la marine sur la rivière Claire. Cela nécessite donc de franchir la rivière Noire à Trung Ha, puis le fleuve Rouge à Phu Tho.

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L’aménagement du camp retranché de Na San.

Pendant ces opérations de diversion, l’aménagement du camp retranché de Na San se met en place. Na-San, qui veut dire "petite rizière", et où quelques chaumières abritent des travailleurs ne venant là qu'à la saison de la culture du riz, prend brusquement une dimension exceptionnelle. Sous la direction du génie, qui dispose de deux compagnies aux ordres du Commandant Casso, des milliers de coolies aménagent un ensemble articulé de points d'appui qui couvre le terrain d'aviation.
Cet ensemble comprend, outre un réseau de communications enterrées, des P.C., des dépôts et épaulements d'armes automatiques à rondins. Cinq cents tonnes de barbelés y sont transportées au début et chaque jour ce sont vingt autres tonnes qui y sont déchargées.
Le groupement du Colonel Gilles, fort tout d'abord de huit bataillons et de quatre batteries de 105 mm, est sans cesse entretenu. Un pont aérien amène, certains jours de crise, jusqu'à quatre vingt Dakota qui apportent renforts, vivres, munitions, bulldozer, mulet.
L'agitation à Na-San est extraordinaire, les mulets apportent l'eau de la cuvette jusque sur les pitons, ainsi que les vivres et les munitions.
La stratégie du camp retranché consiste en un ensemble de fortifications situées en altitude et se couvrant mutuellement.  
Le commandement français expérimente pour la première fois la stratégie dite du « hérisson » : un poste central et un terrain d’aviation, cœur du dispositif, entourés de points d'appui placés en hauteur qui les rendent inaccessibles. Cette tactique vise à pousser le corps de bataille du Viêt Minh à attaquer sur un terrain choisi, le contraignant à abandonner sa stratégie de guérilla basée sur le harcèlement. Obliger l’ennemi à se battre devient le maître mot.

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La situation géographique

Au début du mois d'octobre 1952, Na San n'est qu'un simple poste de supplétifs de la province de Son La, disposant d'une courte piste d'atterrissage de 1 100 mètres pour Dakota .
La ville se présente comme une cuvette de 5 kilomètres de long sur 2 kilomètres de large, entourée de crêtes qui dissimulent la piste d’aviation et qui en interdisent l'accès.

Située sur la RP 41 (Route provinciale), elle se trouve proche de Hanoï par voie aérienne. Il faut en effet 45 minutes à un avion Dakota pour parcourir les 200 kilomètres qui séparent Na San de Hanoï.

Le camp retranché est organisé selon un double périmètre de points d'appui et sa défense est renforcée pour en faire une base opérationnelle intangible. La défense de Na San se fonde sur un triple concept, lié au terrain, à la manœuvre des feux et à la mobilité des réserves. Le terrain est réfléchi de façon concentrique, du plus près au plus loin.

  • Au plus près, c'est-à-dire au fond de la cuvette le terrain d'aviation, les organes de commandement et les unités d'appui (artillerie, mortier) et de soutien (matériel, santé).
  • Au-delà, un premier réseau de points d'appui (au nombre de 10), dit "PA intérieurs", est installé sur les premières collines qui entourent la base, reliés par un réseau de barbelé.
  • Un second réseau de 7 points d'appui, les "PA extérieurs", est installé sur les collines les plus élevées qui dominent la cuvette. Ils assurent la défense lointaine du camp et interdisent les vues et tirs directs.

Les forces en présence

Le général de Linarès confie le commandement du camp retranché au général Gilles, son adjoint, et fait constituer le GOMRN (Groupement Opérationnel de la Moyenne Rivière Noire) destiné à la défense du camp et aux contre-attaques.
Les forces françaises en présence sont constituées du groupement Lansade à 3 bataillons d’infanterie (1er RTA, 3e REI, 6e RTM), d’un groupement mobile vietnamien à 5 bataillons d’infanterie, d’un groupement parachutiste à 4 bataillons (1er BEP, 2e BEP, 3e BPC, 6e BPC), de 6 batteries d’artillerie, de 6 sections de génie, d’une compagnie de transmissions et des appuis feux aériens conséquents fournis par l’armée de l’air et l’aéronavale.

Côté Viêt Minh, le général Giáp dispose de 3 divisions (308, 312, 316) qui s’apprêtent à attaquer Na San.

Le général Salan visite les installations
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Une forteresse dans la jungle

Pendant un mois, la construction d’une enceinte fortifiée comportant un double réseau de points d’appui sur des collines autour de la piste d’aviation va se poursuivre, dans le but d’empêcher l’avancée du Viêt Minh vers le Laos et de permettre aux forces françaises de rayonner sur une partie du pays thaï.
De très importants travaux sont réalisés en un mois par deux compagnies de génie et un bataillon de la Légion étrangère encadrant 400 coolies(1). Des PIM (Prisonniers internés militaires) sont mis à la disposition du génie. Du fait de la situation géographique, tout le matériel est acheminé par air.

Le général Salan fait alors établir un pont aérien qui, entre le 16 octobre et le 30 novembre, va acheminer environ 12 000 hommes, 2 500 tonnes de fret et 125 véhicules, grâce au soutien accru de l’armée de l’air.
Le 23 novembre, la garnison atteint 12 000 hommes, soit dix bataillons d’infanterie et un groupe d’artillerie.

Visite du général Salan
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De nombreux organes sont mis en place pour organiser la vie du camp retranché : un organe Air (avec une tour de contrôle et une balise de radiogoniométrie), une base de transit qui contrôle le chargement et le déchargement des avions, un groupe d’exploitation opérationnel chargé de gérer le dépôt de vivres, un dépôt de carburant, un dépôt de munitions, une section de réparation de véhicules, un organe de commandement du génie, une antenne chirurgicale, un service de transport et un service de main d’œuvre. Il s’agit en effet d’une véritable prouesse logistique, que le haut-commandement souhaite mettre en avant, dans le but de démontrer sa puissance militaire et sa détermination à combattre l’ennemi. Le camp se transforme en une véritable fourmilière. Des collines sont déboisées ; abris, tranchées, blockhaus sont creusés, des réseaux de fil de fer sont installés, les abords sont minés. En moins d’un mois, une véritable forteresse surgit de la brousse.
 
Le rôle de l’armée de l’air

L’armée de l’air tient un rôle majeur dans le plan de Na San. Elle intervient depuis le début de la campagne, avec l’appui au 6e BPC à Tu Le, où elle effectue des missions de chasse. Elle contribue surtout d’une façon indispensable à la construction du camp retranché, avec la mise en place d’un pont aérien entre Hanoï et Na San. Son appui feu est également un élément majeur du succès de la bataille.
L’entreprise dans laquelle se lance le général Salan en décidant d’adopter la stratégie du camp retranché nécessite une parfaite coordination entre l’armée de terre et l’armée de l’air. Ceci n’est pas sans poser de problèmes, car des tensions existent au plus haut niveau entre les corps de l’armée de terre et de l’armée de l’air.

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L’armée de l’air en Extrême-Orient, commandée par le général Chassin, regrette d’être « mise à la disposition » de l’armée de terre et à ce titre, à l’écart de la conception des opérations. De plus, le manque de moyens dont elle dispose exacerbe ces tensions. Cette double opposition est mise en lumière par la bataille de Na San, voulue par Salan. Il apparaît à Chassin que les nouveaux impératifs fixés par le commandement en chef dépassent les moyens de la flotte de transport militaire.
Dans une lettre au ministre de la défense nationale, le secrétaire d’État à l’air se fait l’écho de la parole du général Chassin : « La bataille actuellement engagée autour de Na San a-t-elle été acceptée en tenant compte des possibilités de l’armée de l’air ? […]. Il apparaît que le sort de nos bataillons dépendra essentiellement du ravitaillement par air et de l’appui feu qui sera fourni par nos unités.
Combien de temps et avec quelle efficacité nos chasseurs et nos bombardiers pourront-ils attaquer les troupes du Viêt Minh ? J’espère que ces questions ont été posées avant que soit prise la décision de tenir ce camp retranché. »

Le commandement de l’air craint en effet que le renfort aérien demandé à Na San ne vienne déséquilibrer l’organisation des forces aériennes sur le reste du territoire nord.
Malgré ces tensions, qui ne feront que perdurer l’année suivante entre les deux armes, le GATac Nord (Groupement tactique aérien nord) vient appuyer les forces terrestres de Na San avec le groupe de bombardement Gascogne, équipé d’avions bombardiers B26. En l’absence de force aérienne ennemie, l’objectif du GATac est d’appuyer et de soutenir les unités terrestres.
 
En partie inutilisable, la piste est remise en état pour accueillir des avions gros porteurs de l’armée de l’air et de l’aviation civile. Fin octobre, elle mesure 1 200 mètres de long et 45 mètres au plus large. Elle est en partie en grille PSP(2) et principalement en terre battue. L’ensemble du ravitaillement de Na San est effectué par avion. Les rotations se succèdent à un rythme effréné, admettant un avion toutes les 5 minutes, soit environ 50 à 100 rotations par jour.

La bataille est engagée (23 novembre - 02 décembre 1952)

Carte de la bataille de Na San
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La bataille de Na San comporte trois attaques importantes :

Le 23 novembre, le bataillon 322 du TD 88 viêtminh lance une attaque sur le PA n° 8, au centre du dispositif. Cet assaut, suivi d’un second dans la nuit, est repoussé par la 11e compagnie du III/5e REI et par la 5e compagnie du 3e BPC arrivée en renfort.

Dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, les PA 22 bis et 24, situés respectivement à l’ouest et à l’est du camp retranché, et tenus par des unités thaïes, sont attaqués par les TD 165 et TD 102 viêtminh. Le PA 22 bis tombe rapidement tandis que le PA 24 résiste pendant 3 heures avant de tomber lui aussi. Le PA n° 9 tire sur le PA 24, enlevé par le Viêt Minh.

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 Au cours de la bataille de Na San, le Viêt Minh privilégie les assauts de nuit, dans lesquels il excelle. Des bombes éclairantes "lucioles" sont larguées à haute altitude pour éclairer le camp pendant les combats. Elles permettent aux défenseurs de Na San de tenir les  positions lors des attaques.
Les deux PA tombés la veille constituent une menace importante puisqu’ils permettent le contrôle du terrain d’aviation. Le général Gilles envoie ses troupes d’intervention pour reprendre les points d’appui. Deux compagnies du 2e BEP lancées à l’aube reprennent  rapidement le PA 22 bis. Le PA 24 est quant à lui conquis par le 3e BPC après plusieurs heures de difficile combat, avec un soutien massif de l’aviation et de l’artillerie.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre, le général Giáp lance un assaut général sur Na San, principalement sur le sud-ouest des positions françaises (PA 21 bis) et à l’est (PA 26). Les 147 hommes de la 10e compagnie du 5e REI et les 560 hommes du 3e bataillon du 3e REI vont respectivement résister à plusieurs assauts lancés sur leurs positions par les TD 209 et 174 viêtminh.
Dès le 3 décembre, le général Giáp admet sa défaite et commence à replier ses unités. Le Viêt Minh perd dans la bataille près de 3000 hommes.

L’évacuation de Na San

Après la bataille victorieuse des forces françaises, le camp retranché continue d’être occupé pendant plusieurs mois. Cette position est jugée stratégique puisque située sur l’axe routier du ravitaillement du Viêt Minh en provenance de la Chine vers le Laos. Elle constitue un obstacle pour le passage des camions du Viêt Minh, ainsi qu’une base pour les opérations menées par l’aviation dans la région.
En mai 1953, le général Navarre remplace le général Salan au poste de commandant en chef en Indochine. Contrairement à son prédécesseur, il estime que Na San mobilise trop de soldats et s’avère trop coûteux en termes de logistique aérienne. Donnant la priorité à la défense du delta, il fait évacuer le camp. Cette évacuation se déroule du 8 au 13 août sans aucun accrochage. Le Viêt Minh croit à une manœuvre de renforcement et réagit trop tard.
Elle est vécue comme une nouvelle victoire pour le commandement français.

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Conclusion

La bataille de Na San est vécue comme une grande victoire défensive pour le CEFEO et va conforter le commandement dans la poursuite de la stratégie du camp retranché dans des régions dites inaccessibles.
Les assauts du Viêt Minh contre les positions françaises, appuyées par l’artillerie et l’aviation, semblaient en effet s’y avérer inefficaces. Toutefois, le général Giáp qui a perdu environ 3 000 hommes dans la bataille de Na San, va tirer les enseignements de cette défaite. En l’absence d’artillerie et de DCA, le Viêt Minh n’a pas pu arrêter le pont aérien français. La logistique aussi a été insuffisante pour fournir et ravitailler les combattants. Des erreurs stratégiques ont été commises faute de renseignement. Il saura adapter sa stratégie quelques mois plus tard à Diên Biên Phu.

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1) Travailleurs, porteurs

2) Plaques en acier perforé ou Pierced Steel Planking

Sources :

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Date de création : 07/03/2019 17:09
Catégorie : - Guerre d'Indochine
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