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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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Saulmory et Villefranche

Saulmory et Villefranche dans la Grande Guerre.

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Citation du village à l'ordre de l'Armée le 05/02/1921 ; croix de guerre avec palme.

Situé dans la zone de combat au début de la guerre, puis sur la ligne de feu en 1918, a fait preuve de la plus vaillante attitude sous les bombardements et pendant l'occupation ennemie, sans jamais désespérer de la victoire finale.

Les deux villages de Saulmory et de Villefranche forment une seule commune depuis 1819, et comptent aujourd'hui 107 habitants. L'histoire de cette commune est marquée par deux personnages illustres. À Saulmory, Charles Martel serait passé en 720. Quant à Villefranche, il s'agit d'une place forte créée en 1545 par François 1er pour tenir en respect les troupes de Charles Quint établies au nord et à l'est de la région. La forteresse a été démantelée en 1634, mais on peut toujours observer le plan très particulier du village : les huit rues de Villefranche convergent vers la place d'armes centrale, depuis dénommée place de l'Église.

À Saulmory-Villefranche, le fleuve Meuse se déploie en méandres très prononcés, situés au cœur d'un site Natura 2000. Autour, les prairies inondables sont bénéfiques pour l'élevage et pour la biodiversité ; mais le fleuve est aussi agréable pour les humains, qui profitent d'une belle petite plage. Pour profiter dans ce cadre, rien de tel qu'un séjour dans le gîte rural situé dans une maison ancienne à Villefranche.

Villefranche :

En l'an 1544, l’empereur Charles Quint lance une offensive éclair en France. Elle bute sur la place de Saint-Dizier qui résiste vaillamment, mais qui finit par  tomber entre les mains de l'assaillant.
La route de Soissons est ouverte, mais François 1er a eu le temps de réunir une armée puissante qui repousse les troupes impériales et oblige Charles Quint à négocier une trêve.

Le traité de Crépy-en-Loannois est signé le 18 septembre 1544. La France rend Stenay tête de pont du royaume sur la Meuse à la Lorraine après avoir détruit les fortifications de la ville.
Il est alors décidé de créer une nouvelle place forte sur la rive gauche de la Meuse au nord de Saulmory. Avec Mézières et Mouzon, la défense de la frontière est assurée pour se protéger des Bourguignons qui contrôlent Damvillers, Montmédy, Carignan et la Ferté.
La nouvelle place forte de forme rectangulaire possède une tour à chaque angle. Une courtine relie les quatre bastions. Au centre, un carrefour fait office de place d'armes en forme d'étoile où convergent les rues .
Une large allée qui traverse la place d'est en ouest aboutit aux portes de la Meuse et de France.
Pour inciter au peuplement de la place, par les lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye en février 1545, le village est affranchi de toutes tailles, corvées, aides, impositions, emprunts et charges quelconques, et prend le nom de Villefranche.

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Durant toute la seconde moitié du XVIe siècle et le début du XVIIe, Villefranche est le théâtre d'incursions et de sièges en tous genres passant tour à tour entre les mains des Français et des Lorrains.

Après le rattachement à la France des Trois-Évêchés et du Clermontois, Louis XIII prescrit de détruire les fortifications de Villefranche, travail qui s'acheva le 9 octobre 1634. Compte tenu de la fragilité de la frontière champenoise, une série de redoutes sont construites aux endroits guéables de la Meuse, dont une, à Villefranche.

Lors du siège de Stenay en 1654 par le maréchal de Fabert, bien que possédant une maison du Roy, Villefranche n'est pas jugée digne d'abriter Louis XIV.

L'église de Villefranche est construite en 1895. Elle remplace la chapelle de la place forte et est financée par M. Ernest Bourgeois demeurant à Stenay et bienfaiteur de l'église.

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Maison du gouverneur
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Saulmory-Villefranche au début de la guerre 14 18

Comme tous les villages du nord meusien Saumory-Villefranche se trouve sur le passage des troupes qui montent au front. Après la débâcle de la bataille des frontières, les Allemands contournent la citadelle de Montmédy par le nord en direction de Martincourt et d'Inor (AK6) et par le sud en direction de Sassey et Dun (AK13).
Saulmory-Villefranche ne se trouve pas dans l'axe d'attaque des troupes allemandes. Situé en espace ouvert il offre peu d'opportunité défensive. Seuls quelques avant-postes occupent le village.
Au contraire, les troupes françaises se sont placées sur les hauteurs de Halles, Montigny et Mont. De ces positions, ils peuvent surveiller les passages de la Meuse. Tous les ponts ont été détruits le 26 août.

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Saulmory-Villefranche pendant l'occupation

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Saulmory-Villefranche dans l'offensive américaine Meuse-Argonne

Le 2 novembre 1918, la 90e division US reçoit l'ordre d'attaquer les hauteurs qui surplombent Dun-Sassey-Halles et de pousser de fortes patrouilles vers Mouzay et Stenay à l'est de la Meuse.

Le 3 novembre après une préparation d'artillerie avec obus au gaz non persistant et sous couvert d'un barrage roulant, l'attaque est lancée. Le 357e d'Infanterie atteint le promontoire au-dessus de Sassey sans grande difficulté, mais le 358e d'Infanterie bute sur une résistance croissante à mesure qu'il s'approche des hauteurs qui surplombent Halles.

Dans l'après-midi un bataillon du 357e est missionné pour traverser la Meuse et le canal à Sassey, établir une tête de pont, rassembler deux bataillons à Montigny et envoyer des patrouilles pour préparer la traversée et repérer les défenses ennemies. Le 358e enverra un bataillon en patrouille le long de la rivière entre Mouzay et Stenay pour entrer en contact avec l'ennemi et établir une liaison avec la 89e division US à la Cote 205.

Vers 15h40, la 179e brigade rapporte que le 357e a poussé quelques éléments entre Sassey et Mont, avec deux bataillons au sud de Montigny en route vers ce village. Le 3e bataillon creuse une tranchée et passe la nuit derrière le talus de la voie ferrée au nord de Sassey. Dans la soirée, le 2e bataillon prend position le long de la Meuse depuis Saulmory jusqu'à l'ouest de Villefranche.
Le 1er bataillon étend la droite de la ligne de front jusqu'à Sassey.

La 90e division reçoit l'ordre de tenir son gros sur les hauteurs surplombant la Meuse à Sassey et à Halles jusqu'à ce que la 5e division ait sécurisé le passage de la rivière. L'artillerie de la 90e division devra aider la 5e division pendant la traversée. Plusieurs patrouilles se mettent en recherche des points de traversée possible notamment du côté de Saulmory où un pont a été signalé par un prisonnier allemand. Malheureusement, ce pont est détruit.

En attendant la sécurisation de la partie est de la Meuse par la 5e division, la mission de la 179e brigade est de progresser le long de la rive ouest de la rivière jusqu'à Laneuville en la nettoyant de tout ennemi, en repérant des points de traversée possible et en sélectionnant des positions de mitrailleuses judicieuses pour couvrir les détachements qui traverseront.

Dans l'après-midi du 5 novembre, le 3e bataillon du 357e d'Infanterie construit une passerelle sur le pont détruit de Sassey et tente de traverser la rivière pendant la nuit, mais il est stoppé par des tirs nourris de mitrailleuses.

La 90e division reste sur la rive gauche de la Meuse jusqu'au 9 novembre puis force le passage à Sassey.

Le 10 novembre, des passages de troupes des 89e et 90e divisions sont réalisés à Villefranche pour supporter l'attaque sur Stenay par la rive droite.

Saulmory-Villefranche après la guerre

Témoignage de Justin Bernier maire de Saulmory-Villefranche ; d'après le Bulletin Meusien du 5 décembre 1918

Parti de Vaucouleurs le 20 novembre à 6 heures du soir pour aller visiter Saulmory-Villefranche, je suis arrivé dans ma commune le 22 à la fin du jour. Quoiqu'étant prévenu de l'évacuation des habitants par les Boches à la date du 14 octobre précédent, je fus vivement impressionné en ne rencontrant aucun civil dans le village. Les Américains m'ont reçu très cordialement et m'ont offert de la nourriture et le gîte. J'ai passé la nuit à leur cantonnement (ancien camp boche), lieudit "le Petit Pâtis" près de la Gare.
Levé au petit jour, j'ai visité la gare ; elle est à peu près intacte à part la toiture qui est renversée ; la maison de M. Dardart est dans le même état. La maison Adeline a été rasée par les Boches pour construire de nouvelles voies ferrées au nombre de douze.

À partir de la limite du territoire de Mont jusqu'au bief de la laiterie de Saulmory, un quai d'embarquement a été construit entre la gare et le village. De nombreux baraquements existent au lieudit "La Vignette" du Petit Pâtis jusqu'au moulin Mausseau qui servait de magasin aux Boches et qui est relié à la gare par une voie ferrée.

Vestiges de l'occupation allemande
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Quant aux maisons de Saulmory, certaines parties ont été plus ou moins amochées ; les couvertures sont trouées par les obus, quelques pans de murs sont tombés, mais tout cela est réparable.

La mairie est percée de deux obus ; les archives communales ont été détruites par les Boches. Il ne reste rien des plans cadastraux et d'abornement. L'église n'a pas trop souffert ; les cloches ont été enlevées comme dans les villages voisins. Quatre obus sont tombés dans le cimetière sans causer aucun dégât à part trois tombes légèrement abîmées, tout le reste est intact. Un Américain et un Boche y ont été enterrés récemment. Le presbytère est à peu près intact, la maison de Mme Vauquois a été brûlée en septembre 1914 par les Boches.

Quant aux maisons de Villefranche, certaines parties ont plus ou moins souffert. Les châteaux Luc et Sampon sont habités par les Américains ; les anciennes constructions en briques n'ont pas trop souffert non plus. Un obus est tombé sur la tourelle, dernier vestige remarquable et l'a ébréchée légèrement. L'église a été fortement endommagée ; à part le clocher et la sacristie, les voûtes et la couverture sont tombées. Neuf Boches ont été enterrés tout récemment dans le jardin de M. Clause, à côté de l'église.

La maison de Milliade Fourreaux a été brûlée en 1917 par des sous-officiers boches pour faire disparaître leurs méfaits. La rue des Bourdillons est entièrement brûlée depuis 1914, des baraquements sont construits à la place.

Le territoire a été cultivé par les habitants restés au pays pour le compte des Boches qui dirigeaient et commandaient les travaux. Les récoltes appartenaient aux boches qui en distribuaient une partie aux habitants pour les besoins de l'existence. Il y a une quantité de betteraves et de choux sur une partie du territoire comprise entre les deux villages. Les bornes sont toutes arrachées, mais on peut encore reconnaître à peu près les parcelles : néanmoins, un abornement nouveau paraît nécessaire.

Une vingtaine de personnes de Saulmory sont revenues le dimanche 24 de Udange près d'Arlon, province de Luxembourg en Belgique. Elles ont été très bien reçues par les Belges et n'ont pas souffert dans leur exil. Quelques personnes de Villefranche sont rentrées aussi : elles étaient cantonnées à Messarrey, même canton et même province. On peut correspondre avec les personnes restées en Belgique au moyen des adresses ci-dessus.

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Un dossier très documenté sur l'histoire de Saulmory-Villefranche est archivé à la mairie. Il reprend le contenu très riche de l'exposition du 12 au 20 septembre 2015 qui s'est tenue dans l'église de Saulmory.

Sources :

  • Stéphane Gaber
  • CC-Paysdestenay-valdunois
  • AD 55
  • AM Saulmory-Villefranche

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Soldats au cimetière communal
Convoi Nom Prénoms Statut Unité Commune Tombe Latitude Longitude Commentaire
18/05/1922 MANGIN Georges 22e RI Saulmory et Villefranche Non Inhumé à Milly-sur-Bradon
COLAS Cyrille Soldat 166e RI Saulmory et Villefranche Oui Vérifier si le corps est là !


Date de création : 20/02/2018 16:31
Catégorie : - Nos villages dans la tourmente
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