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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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 Les centres d'extermination nazis

Les centres d’extermination nazis

Contrairement aux camps de concentration dont le but était de rassembler des milliers de déportés en des lieux précis et d’utiliser la main d’œuvre qu’ils représentaient dans le cadres de travaux forcés qui conduisaient très souvent à la mort, les centres d’extermination ont été construits pour tuer en masse les gens dès leur arrivée.

Henrich Himmler et Reinhard Heydrich
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Les centres d’extermination nazis ou camps d’extermination étaient des lieux de mise à mort qui pouvaient s’apparenter à des abattoirs industriels. Créés et organisés par les Nazis sous la responsabilité opérationnelle d’Henrich Himmler et de son adjoint Reinhard Heydrich, le seul but de ces centres était d’exterminer le maximum de personnes dans un minimum de temps, après spoliation de leurs biens. Ils firent près de trois millions de victimes, juives pour la plupart. Maillon essentiel de la solution finale, ils prirent le relais des fusillades de masse perpétrées par les Einsatzgruppen.

La majorité des historiens s'accordent sur une liste de six centres d'extermination : Chełmno, Bełżec, Sobibór, Treblinka, Auschwitz–Birkenau et Majdanek, les deux derniers étant intégrés à des camps de concentration nazis préexistants.

Génèse des centres d’extermination
Aktion T4 et Einsatzgruppen
L’assassinat des malades mentaux et handicapés physiques

Dès septembre 1939 et jusqu’à août 1941, le Reich met en place une politique d’extermination à grande échelle des handicapés physiques et mentaux : l’Aktion T4. Ces exécutions ont lieu essentiellement sur le territoire du Reich mais aussi en Pologne occupée. La plupart des victimes sont assassinées dans des chambres à gaz spécialement conçues à cet effet au moyen de bouteilles de monoxyde de carbone. Des camions à gaz sont également utilisés pour augmenter la cadence des assassinats de masse. Suite aux protestations qu’elle suscite et à l’aboutissement de l’objectif qu’elle s’était fixée, l’Aktion T4 prend fin le 24 août 1941. De nombreux participants à l’Aktion T4 sont ainsi réaffectés dans les centres d’extermination à la fin de l’opération.

Les exécutions de masse par les Einsatzgruppen.

Sous l’autorité de Reinhard Heydrich, les Einsatzgruppen procèdent à des tueries de masse dès l’invasion de la Pologne. Elles font de septembre 1939 au printemps 1940 entre 50 000 et 60 000 victimes membres des cadres de la société polonaise ou juifs considérés comme des éléments hostiles au régime nazi.

Son activité meurtrière s’accroît avec l’invasion de l’Union soviétique. Les commissaires politiques de l’Armée rouge, les cadres communistes, les prisonniers de guerre soviétiques, les partisans ou assimilés et surtout les juifs sont systématiquement assassinés. Les mises à mort sont commises par armes à feu ou par asphyxie dans des camions à gaz. Cette façon de procéder alarmait les populations locales et était compliquée à mettre en œuvre pour les unités. L’idée fut alors d’inverser la procédure ; les victimes seraient mobiles et pourraient être transportées en train dans des centres de mise à mort.

Les centres d’extermination

Le premier centre d’extermination est créé à Chelmno en Pologne. Il est mis en service en décembre 1941 et fait suite à la demande d’Arthur Greiser qui souhaite désengorger les ghettos situés sur le territoire qu’il administre. Il sollicite et obtient d’Heinrich Himmler l’autorisation de se doter des moyens nécessaires pour assassiner 100 000 juifs.

 

Centres d'extermination
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Odilo Globocnik
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Les centres de Belzec, Sobibor et Treblinka destinés à tuer les juifs polonais du Gouvernement Général dans le cadre de l’Aktion Reinhard (du nom du chef du RSHA mortellement blessé en 1942 par des partisans tchèques), s’ouvrent dans les années 1941/1942. Leur création est décidé par Himmler qui délègue son autorité pour la mise en œuvre au général SS Odilo Globocnik. Ce dernier crée deux sections :

 * la première sous la direction d’Hermann Hoefle est chargée de mettre en place le personnel et la logistique pour les déportations,

 * la seconde sous la direction du commissaire Christian Wirth est chargée de la construction et de la gestion des trois centres de mise à mort de l’opération Reinhard (Belzec, Sobibor, Treblinka). Ces trois camps sont gérés par des petits détachements de SS et par la  police, et sont gardés par des détachements d'auxiliaires de police formés au camp d'entraînement de Trawniki.

Comme Globocnik le notait en janvier 1944, les objectifs de l'aktion Reinhard étaient de :

1) "réimplanter" (c'est à dire de tuer) les Juifs polonais,

2) d'exploiter le travail qualifié ou manuel de certains Juifs polonais avant de les tuer,

3) de confisquer les biens personnels des Juifs (vêtements, monnaie, bijoux et autres biens),

4) d'identifier et de confisquer les biens immobiliers dissimulés tels que les usines, les appartements et les terres.

Ces camps mettront un terme à leur activité morbide en novembre 1943 après avoir effacé toute trace de génocide.

Le camp de concentration de Majdanek sert aussi de centre d’extermination des juifs notamment ceux qui sont trop faibles pour les travaux forcés. Au printemps 1942, Hitler fait du camp d’Auschwitz-Birkenau un centre de mise à mort. Les autorités SS y tuent environ un million de Juifs venant de plusieurs pays européens mais aussi des milliers de Tziganes, de Polonais et de prisonniers soviétiques.

On estime que 3,5 millions de juifs ont été assassinés dans ces six camps de la mort. Environ 2 700 000  Juifs ont péris par asphyxie au gaz ou par balle. La « solution finale » consistait donc à exterminer les Juifs d'Europe par gazage, par fusillades et par épuisement. Au total, ce sont six millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont été assassinés, soit les deux tiers des Juifs vivant en Europe avant la guerre.

Les convois

À l'exception des premières semaines d'activité de Chelmno durant lesquelles les victimes y sont acheminées par camion, la quasi-totalité des déportés arrivent dans les centres d'extermination par voie ferroviaire, entassés dans des wagons à bestiaux ou de marchandise, avec une ventilation insuffisante, sans aucun ravitaillement ni halte, sans équipement sanitaire et sans chauffage. Ces transports se font, parfois, sur de longues distances (1.500 km de Drancy à Auschwitz, 7 jours de trajet pour les Juifs de Thessalonique.

 

Embarquement des déportés vers les centres d'extermination
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La spoliation

Les opérations d’extermination donnent lieu à l’établissement d’un commerce macabre. Les quelques biens que les victimes ont pu emporter lors de leur déportation sont méticuleusement triés et stockés avant d’être expédiés en Allemagne.

Les bourreaux récupèrent aussi les dents en or arrachées aux cadavres et les cheveux des femmes tondues avant leur gazage. Ce business est contrôlé et organisé par l’Office central pour l’économie et l’administration (WVHA) dirigé par Oswald Pohl et génère un profit de plusieurs millions de marks.

La sélection des déportés

Au centre d’extermination de Chelmno et dans les centres de l’Aktion Reinhard la sélection des déportés et sommaire et expéditive. La très grande majorité des arrivants est immédiatement gazée. Seuls sont épargnés et pour un temps relativement bref  celles et ceux qui sont retenus pour les tâches annexes du processus d’extermination.

La sélection à l’arrivé des convois est nettement plus élaborée à Auschwitz où des membres du personnel médical de la SS dont Josef Mengele participent au tri. Auschwitz étant à la fois un camp de concentration, un camp de travaux forcés et un camp d’extermination, les juifs sont triés en deux groupes.

  • Dans le premier, sont classés les déportés considérés comme inaptes au travail forcé, une partie des hommes et des femmes, les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les malades, et sont immédiatement gazés.

  • Dans le second, sont groupés les hommes et les femmes considérés comme apte au travail. Ils sont alors internés dans le complexe concentrationnaire et sont astreints au travail forcé, souvent jusqu'à ce que mort s'ensuive. Dans ce groupe sont aussi classés les cobayes destinés aux expériences médicales.

La majorité des victimes est assassinée par gazage soit à l’aide de camion à gaz, de chambre à monoxyde de carbone ou à gaz Zyklon B (Auschwitz). Les Arbeitsjuden sont des juifs en bonne santé, en sursis, chargés des tâches annexes au processus d’extermination (Tri des vêtements, manutention des corps). Ils sont exécutés à la fin de leur prestation.

Sélection et marche vers les chambres à gaz
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La destruction des preuves

Au début du génocide, les cadavres sont enfouis dans des fosses communes mais à partir de 1942 les corps sont exhumés puis brûlés à l’air libre dans le cadre de la Sonderaktion 1005. À la fin des opérations d’extermination et de crémation tout est mis en œuvre pour effacer les traces de l’existence des centres d’extermination. Sur certains sites on ira même jusqu’à créer des espaces bucoliques à l’endroit des massacres.

Les centres d’Auschwitz et de Majdanek sont équipés de fours crématoires dès 1942 mais la cadence des massacres est telle qu’une étape d’ensevelissement est nécessaire avant crémation. L’avancée rapide des troupes soviétiques ne permettra pas aux Nazis d’effacer les traces du génocide dans ces deux centres.

Bilan de ce génocide

Suivant les sources les chiffres varient quelque peu mais ils gravitent autour des valeurs ci-dessous :

  • Auschwitz-Birkenau : 1 100 000 morts

  • Treblinka : 700 000 à 900 000 morts

  • Belzec : 430 000 à 500 000 morts

  • Sobibor : 200 000 à 250 000 morts

  • Chelmno : 153 000 morts

  • Majdanek : 78 000 morts.

Les procès

Si les responsables des assassinats commis par les Einsatzgruppen font l'objet d'un procès spécifique dans la foulée du procès de Nuremberg, tel n'est pas le cas pour les centres d'extermination, faute d'une connaissance suffisante des activités de ceux-ci immédiatement après la guerre, à l'exception d'Auschwitz dont les activités génocidaires sont mises en évidence lors du témoignage de Rudolf Höss au procès de Nuremberg.

Remis aux autorités polonaises, Höss est jugé, condamné à mort et exécuté en 1947.

Sources :


Date de création : 24/01/2023 16:56
Catégorie : - Guerre de 39-45-Occupation et collaboration
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