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Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
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Bataille de Woerth-Froeschwiller

Bataille de Wœrth-Frœschwiller

Au lendemain de la large défaite de Wissembourg le commandement français n'est pas convaincu de la supériorité allemande ce qui fait dire au maréchal de Mac-Mahon :"A eux la première manche, à nous la deuxième".
La concentration du Ier corps (Mac-Mahon) s'effectue sans encombre dans la nuit du 4 au 5 août. Les Prussiens qui n'ont pas suivi perdent le contact avec les régiments battus.

Maréchal Mac-Mahon
Macmahon.jpg


Le mouvement terminé, ce corps occupent les positions suivantes :

  • 1re division (Ducrot) entre Neehwiller et Froeschwiller, face à la forêt de Langensulzbach,
  • 2e division (Douay) et brigade de cavalerie de Septeuil, derrière Elsasshausen entre le village et le GrosserWald,
  • 3e division (Raoult) sur le plateau entre Frœschwiller et Wœrth,
  • 4e division (de Lartigue) en avant d'Eberbach, et les crêtes du saillant N-E du Niederwald jusqu'au Bruck-Mühle.

La brigade de cavalerie lourde (Michel) près de Eberbach et la division Bonnemain au sud-ouest de Frœschwiller.

Le maréchal Mac-Mahon nommé temporairement chef de l'armée d'Alsace, attend l'ennemi sur ces positions, mais comme la ligne ferroviaire entre Haguenau et Reichshoffen est susceptible d'être coupée il demande à la division militaire de Strasbourg de lui envoyer le plus de vivres possible.

General_de_Failly.jpg

Le général de Failly, commandant du Ve corps, est attendu en renforts avec deux de ses trois divisions basées à Sarreguemines et Gross-Bliedersdorf pour que le combat puisse être accepté. Il est prié de se rendre dans la région de Bitche puis de porter ses troupes vers Reichshoffen avec le maximum de vivres.

Le mouvement commence le 5 au matin, mais sans information des positions ennemies la progression se déroule avec une extrême lenteur ; la division Goze n'atteint Bitche que le soir et celle de L'Abadie d'Aydren ne dépasse pas Rohrbach.
Sur appel de Mac-Mahon, la division Goze est dirigée sur Philippesbourg et la brigade Maussion sur Lemberg avec la réserve d'artillerie.

La rencontre d'une forte reconnaissance allemande sur le parcours décourage de Failly de satisfaire à la demande du maréchal préférant couvrir la route de Pirmasens et de Deux-Ponts par lesquelles des masses épaisses ennemies sont signalées .
Le maréchal pense compter sur 3 corps d'armée pour soutenir la bataille sachant que le VIIe corps très incomplet ne peut fournir qu'une seule division.

De fait, le Ve corps n'est pas présent sur le champ de bataille de Frœschwiller de sorte que le maréchal Mac-Mahon se trouve réduit à ses propres forces augmentées d'une division du VIIe corps.
Toute la cavalerie du Maréchal se trouve le 6 août en colonnes de route et seuls deux escadrons de lanciers envoyés en découverte vers la forêt de Haguenau signalent d'épais rassemblements de troupes au nord de cette forêt.

Du côté de la IIIe armée allemande, il faut dire qu'on n'est pas plus renseigné que l'adversaire depuis la perte de contact avec la division Douay à la suite de la bataille de Wissembourg.
Le kronprinz Friedrich ne veut pas rester plus longtemps dans l'incertitude et lance la cavalerie de la 4e division en reconnaissance, le 5 août à 5 heures du matin. Sa mission consiste à rechercher les troupes françaises et à faire un point de situation dans la région.
Quant aux différents corps d'armée, ils sont dirigés vers Strasbourg et ont ordre de détruire les voies ferrées aboutissant à Haguenau et Reichshoffen.

    Kronprinz Friedrich

Friedrich.jpg

Les reconnaissances réussissent à découvrir les différents campements français et remarquent des mouvements de troupes en direction de Wœrth.
Vers 11 heures, un escadron de uhlans franchit la Sauer à Gunstett et charge des lanciers français, mais doit se replier face à un violent feu de mousqueterie. Deux escadrons de hussards ramènent des renseignements précieux de Wœrth.

L'état-major allemand est désormais fixé. Il sait que l'armée française a pris position sur la rive droite de la Sauer. Le Kronprinz oriente alors ses troupes vers les positions françaises et les place à proximité pour forcer l'adversaire à accepter le combat même s'il se sait en position d'infériorité.

Alors que dans chaque camp la journée du 7 août est envisagée pour en découdre, une série d'escarmouches va précipiter la bataille.

Le déclenchement

Une unité prussienne du Ve corps en reconnaissance vers Wœrth tombe sur un détachement de cavaliers français qui fait boire ses chevaux dans la Sauer. Aussitôt le combat s'engage.
Croyant à une attaque française d'envergure le IIe corps bavarois et le XIe corps prussien se lancent au secours de leurs camarades. Lorsqu'ils arrivent à la lisière du bois de Frœschwiller ils sont reçus par le feu soutenu des canons de la division Ducrot.
Dans le même temps, la 4e division de Lartigue se déploie et bombarde la Bruck-Mühle qu'elle fait enlever par ses chasseurs.

Vers 9 heures, le colonel Von der Esch chef d'état-major du Ve corps engage ses troupes pour venir en aide aux Bavarois qui sont accrochés et qui menacent de reculer. 108 pièces d'artillerie prussienne crachent leur feu sur les batteries et mitrailleuses françaises qui sont débordées et doivent se retirer. Les Allemands exploitent la situation et traversent la Sauer de Wœrth à Bruck-Mühle et se lancent sur les positions françaises. Cependant, les zouaves et les tirailleurs algériens équipés du fusil chassepot résistent et repoussent toutes les attaques sur la ligne de front. Les Bavarois sont rejetés sur Langensoultzbach.

Au centre, le Ve corps prussien se maintient difficilement à Wœrth et le XIe corps à gauche doit repasser la Sauer. Au milieu d'un combat confus sans commandement pour les diriger et en infériorité numérique les Français lâchent peu à peu prise.
Sous le feu d'un bombardement soutenu et sans appui d'artillerie, ils s'épuisent rapidement. Vers 11 heures, il ne reste presque plus de bataillons de réserve alors que l'ennemi a tout juste entamé les siens.

Le Kronprinz comprend que pour gagner il lui faut lancer toutes ses troupes dans la bataille. À 13 heures, il engage une manœuvre d'encerclement par le sud et s'empare de Morsbronn qui se trouve dans le dispositif français. Malgré une défense héroïque, les Prussiens réussissent à longer les haies, progressent dans les sous-bois et surgissent derrière les crêtes.

Bataille de Froeschwiller
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La charge des cuirassiers

Charge de Reichshoffen
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De Lartigues (4e division) évalue rapidement le danger et demande du secours à Mac-Mahon. Malheureusement, les combats au centre du front ne lui permettent pas de libérer des troupes pour lui venir en aide. Il ordonne à la brigade Michel d'intervenir pour relâcher la pression qui s'exerce sur la 4e division.

Charge cuirs
charge_de_reichshoffen.JPG

Se déroule alors ce que l'histoire appellera "la charge des cuirassiers de Reichshoffen". À 13h30, les 8e et 9e régiments de cuirs renforcés par deux escadrons du 6e régiment de lanciers lancent une charge de cavalerie dans la rue principale du village. Cette rue en forme d'entonnoir ralentit le mouvement des cavaliers qui deviennent une cible facile pour les soldats prussiens. Ils les abattent à bout portant depuis les maisons où ils se sont postés. Les autres issues du village étant toutes verrouillées la brigade est anéantie. Seuls 20 officiers et 300 cavaliers réussissent à s'échapper et à rejoindre les troupes françaises à Saverne.

La retraite

Vers 15 heures, la situation de l'armée française devient critique ; les lignes sont percées.

  • Au sud, les troupes ont abandonné Morsbronn et refluent vers le bois de Niederwald,
  • Au centre, le manque de troupes fraîches rend inefficace la contre-attaque,
  • Au nord, les turcos et les zouaves résistent encore et tiennent leurs positions.

Les pertes sont très lourdes et Mac-Mahon décide de replier ses troupes vers Reichshoffen situé plus à l'est. Pour couvrir la retraite, il demande au général de Bonnemain de lancer une autre charge de cavalerie avec les 1er, 2e et 4e cuirassiers. Le résultat est tout aussi désastreux que la précédente charge. Les cavaliers empêtrés dans les hautes cultures et dans les fils de clôture sont broyés par l'artillerie ennemie et par le tir précis des fantassins.

Le sacrifice des zouaves

Dans les bois de Frœschwiller, les zouaves sont encerclés. Seuls 10% de leurs effectifs réussiront à sortir du piège. La 1re division bat en retraite et la 2e qui tente une contre-attaque est prise de flanc par les Allemands qui débouchent du bois de Niederwald et doit se retirer.
À 17 heures, Frœschwiller est aux mains de l'ennemi et la bataille s'achève. L'armée française bât en retraite et quitte l'Alsace sans être inquiétée par un adversaire aussi épuisé qu'elle.

Sur les 43000 hommes que comptait l'armée Mac-Mahon, près de 11000 ont été tués et 9000 ont été capturés. Les Allemands ont perdu plus de 10000 hommes.
La plupart des blessés français sont laissés sur place faute de moyens de transport suffisants. La population est mise à contribution pour enterrer les cadavres.

Sources :

  • La guerre franco-allemande de 1870-1871 par OF Leconte ; Gallica BNF,
  • Histoire générale de la guerre de 1870 par Lt-Colonel Rousset ; Gallica BNF,
  • L'Est Républicain
  • wikipedia.org
  • wikimedia commons
  • Musée de la bataille du 6 août 1870 à Wœrth
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Date de création : 28/09/2020 11:06
Catégorie : - Guerre de 1870
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