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Organisation des armées

Organisation des armées

L'armée française en 1870

Admirable, vaillante, exercée, telle était l'armée française vue par le Maréchal Edmond LeBoeuf, ministre de la guerre, à l'aube de la déclaration de guerre.
"Nous sommes prêts et archiprêts ! La guerre dut-elle durer deux ans il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats !" dira-t-il encore.
Cet excès de confiance provient des succès engrangés par l'armée française avant 1866 (Algérie, Crimée, Italie). Cette armée était considérée alors comme l'une des plus puissantes d'Europe.
La marine fraîchement rénovée pouvait même rivaliser avec les Britanniques.
Mais depuis 1866 les choses ont bien changé. Le prestige de la France s'est considérablement terni depuis le fiasco mexicain.
L'écrasante victoire prussienne à Sadowa contre l'armée autrichienne retentit comme un coup de semonce. Il faut dire que l'armée prussienne s'est profondément réformée.
Dans la Confédération des états du Nord, le service militaire est obligatoire et se décline comme suit :

  • 3 ans dans l'armée d'active,
  • 4 ans dans la réserve de l'active,
  • 5 ans dans l'armée de réserve (Landwehr),
  • 13 ans dans l'armée territoriale (Landsturm).

L'organisation française n'a pas changé depuis 1832. Elle mêle les soldats de métier à ceux du contingent.
Chaque année, les militaires arrivés en fin de service sont remplacés. Les appelés se divisent en deux groupes:

  • ceux qui sont incorporés pour 7 ans en fonction des places vacantes et des crédits alloués,
  • ceux qui sont dans la réserve et qui restent chez eux en attendant qu'on les appelle. Faute de crédits, ces derniers ne reçoivent pas de formation militaire.

Admiratif de l'organisation prussienne, mais aussi très inquiet Napoléon III veut réformer son armée pour la rendre plus efficace. Il propose une loi permettant d'améliorer le recrutement et la formation.
En 1866 la France peut aligner 250 000 hommes d'active face au Rhin en tenant compte des garnisons des places fortes alors que la Prusse et ses alliés peuvent en aligner 730 000.
355 000 soldats français opèrent dans les colonies et ne sont pas disponibles pour rétablir l'équilibre.

La réforme vise à créer une Garde nationale mobile de 400 000 hommes constituée par les éléments qui échappent au service actif. Le projet prévoit une armée de 824 000 hommes, moitié dans l'active, moitié dans la réserve.
Le service devra passer de 7 à 9 ans, 5 ans dans l'armée active et 4 ans dans la réserve.
Dix-sept mois se passent entre la proposition de loi et le jour du vote.
Une forte opposition de l'opinion publique à l'allongement de la durée de service et l'obstruction de parlementaires qui refusent la refonte totale du système vident la loi de sa substance.
Finalement, le tirage au sort est maintenu, la loi conserve le principe de remplacement et permet toujours aux plus aisés d'échapper au service militaire.
De plus, certains députés adversaires de l'armée ne croient pas au caractère belliciste de la Prusse et militent pour une politique pacifique. Ils demandent à ce que les forces soient ramenées au strict nécessaire.
Ernest Renan dira même : "Je veux la fin de cette paix armée qui ruine le trésor".

Effectifs et moyens

La faiblesse majeure de l'armée française est son impréparation et son système de recrutement. La logistique laisse à désirer et ne permet pas d'aligner plus de 255 000 hommes de métier au début du conflit dont 220 000 affectés à l'armée du Rhin.
Par la suite l'arrivée tardive des réservistes de l'active et des premiers renforts ne servira qu'à combler les pertes des premiers combats.

Le commandement en chef est assuré par Napoléon III vieillard malade qui n'a jamais montré de grands talents militaires. Il n'existe pas de chef d'état-major et les maréchaux qui entourent l'empereur sont vieux, médiocres et jaloux les uns des autres.
Tous sont partisans de la défensive à outrance à partir de points d'appui aménagés à l'avance.
Le ministre de la guerre est censé administrer et organiser l'Armée, mais aucun de ceux qui ont tenu le poste en dehors de Niel ne remplira correctement son rôle.

Du côté allemand, le commandement général est assuré par le roi de Prusse. Il est assisté des généraux von Moltke et von Roon.
L'école de guerre a formé des officiers supérieurs et généraux très compétents. Chacun connaît précisément son rôle.
L'Armée est organisée en fonction de l'adversaire. Pour sa guerre contre la France, von Moltke vainqueur à Sadowa préconise une stratégie offensive. Pour cela il concentre ses troupes en trois armées puissantes dont la mission est de réaliser des brèches dans le dispositif ennemi.
Les chefs de ces trois armées ont été prévenus suffisamment tôt pour étudier le terrain et connaissent parfaitement leurs effectifs et leurs moyens.
Lorsque la guerre éclate, tous les corps d'armée sont au complet. Chacun connaît son rôle et les unités manoeuvrent de concert. La logistique et le corps médical suivent parfaitement la troupe.
L'infanterie est habituée aux longues marches sans surcharge excessive du soldat alors que le troupier français porte un sac de 30 kilos. En conséquence, la progression allemande est plus rapide et plus profonde que celle de son adversaire.
La cavalerie est bien mieux montée que son homologue française et l'artillerie bien mieux équipée.

Artillerie

L'artillerie française compte 986 canons contre 2046 pour les Prussiens. Les canons de calibre 4 qui équipent la majorité des batteries françaises ont une portée de 1850 mètres contre 3000 mètres pour le canon Krupp.
Les calibres 12 français ont une portée de 3000 mètres, mais équipent seulement 30 batteries.
Les obus français sont équipés de fusée à trois plages de réglage tandis que les obus allemands disposent d'un dispositif percutant.
Les canons français, en bronze, se chargent par la gueule. Les canons en acier allemands disposent d'une culasse de chargement qui permet un tir rapide.
La France met en service 190 mitrailleuses Reffye que l'empereur a dû payer avec ses propres deniers. Ces armes ne seront efficaces qu'à partir des combats de Mars-la-Tour.

Cavalerie

Au début du conflit, l'armée française dispose de 63 régiments de cavalerie. Le commandement croit encore aux charges puissantes, mais l'artillerie prussienne et les fusils à tir rapide briseront ces attaques devenues désormais inefficaces.
De plus, la cavalerie française reste bien moins performante dans le domaine des reconnaissances que son homologue prussienne. La cavalerie légère allemande lance ses uhlans dans des découvertes profondes au travers du pays.

Fusils

Le Chassepot français 1866 calibre 11 mm est bien plus performant que le fusil Dreyse qui équipe l'armée allemande. Cet écart est compensé par une meilleure formation des unités outre-Rhin.

Commandements

Globalement l'armée française est divisée en deux entités :

  • l'armée d"Alsace qui s'étend entre Strasbourg et Belfort,
  • l'armée de Lorraine qui couvre Thionville Metz Bitche.

Un corps de réserve est regroupé au camp de Châlons.

Du côté allemand trois armées sont alignées :

  • la première entre Saarelouis et Trêves,
  • la seconde au sud-ouest de Mayence,
  • la troisième dans le secteur Landau-Karlsruhe.

Les alliances

La France est complètement isolée.
L'Autriche ne lui pardonne pas sa neutralité lors du conflit austro-prussien de 1866.
L'Italie est mécontente que les troupes françaises stationnées à Rome protègent les possessions du pape empêchant ainsi l'unification complète du pays.
La Grande-Bretagne est scandalisée que l'empereur ait voulu annexer la Belgique.
La Russie ne veut pas déclencher de conflit avec son voisin.
Les états germaniques catholiques du Sud ont signé une alliance militaire avec la Confédération de l'Allemagne du Nord.

Sources :

  • wikipedia.org
  • wikimedia commons
  • l'Est Républicain
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Date de création : 31/08/2020 18:17
Catégorie : - Guerre de 1870
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