En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés.
Mentions légales.
 
 
Vous êtes ici :   Accueil » Bataille des frontières
maison histoire.png

Texte à méditer :   A nous le souvenir, à eux l'Immortalité.   Souvenir Français du canton de Dun-sur-Meuse
    Imprimer la page...

Bataille des frontières

BATAILLE DES FRONTIÈRES (AOÛT 1914)

La France vaincue en 1870 par l'Allemagne perd l'Alsace et la Moselle. Suite à cette défaite et à la perte d'une partie de son territoire national, un sentiment germanophobe se développe dans le pays.

Le 3 juillet 1905, la loi votée par le parlement français mettant fin au Concordat et instituant la séparation de l'église et de l'état divise les Français.

L'Allemagne affiche un dynamisme économique qui fait peur. La France prend des mesures pour limiter la pénétration des entreprises allemandes sur son territoire.

En 1913, la production d'acier allemand atteint 17 millions de tonnes dépassant d'un tiers celle du Royaume Uni. Le niveau de vie de ses salariés a augmenté.

En Allemagne, le pangermanisme, forme radicale du nationalisme allemand est exalté par l'expansion économique.

En 1905, l'élite abonde dans le sens des ligues pangermanistes. Elle constate une grande faiblesse du Reich par son manque de terres, sa dépendance de l'étranger pour sa subsistance et un besoin vital d'augmenter son espace territorial.

Après sa victoire de 1870 et au vu du réarmement rapide de la France, l'Allemagne prépare un plan de guerre contre son ennemi héréditaire : "le plan Schliffen". De son côté, la France a élaboré divers plans dont la dernière version date de 1911.

Manoeuvre Schliffen et réaction Joffre
Bataille_des_Frontieres.jpg

Les alliances

L'Europe est divisée en deux grands blocs :

  • La triple entente (1910) qui réunit la France, le Royaume Uni et la Russie
  • Le triple alliance (1882) qui regroupe l'Empire d'Allemagne, celui d'Autriche-Hongrie et le royaume d'Italie.

L'Italie restera neutre au début du conflit. Elle quittera la triple alliance au profit de l'entente le 3 mai 1915 et déclarera la guerre à l'Autriche-Hongrie le 23 mai 1915.

L'assassinat de François Ferdinand de Habsbourg, prince héritier de l'empire austro-hongrois, le 28 juin 1914 par un anarchiste pro-serbe est à l'origine du cataclysme qui ravagera l'Europe.

L'Autriche-Hongrie qui a annexé la Bosnie en 1908 trouve là l'occasion de régler le problème serbe. Mais la Serbie est un pays slave protégé par la Russie qui lui a souvent prêté son appui. L'engrenage des alliances provoque une déflagration généralisée qui mettra l'Europe à feu et à sang à l'été 1914.

Organisation des armées

Pour repérer et comprendre l'importance des forces en présence, il est indispensable de présenter un descriptif succinct des armées du front ouest et une carte des zones de concentration. Il ne sera pas tenu compte ici des unités allemandes engagées sur le front oriental. Toutefois, les chiffres qui suivent ne sont qu'une approche des chiffres réels car variables d'une armée à l'autre. Il conviendra de ne retenir que l'ordre de grandeur.

Les Alliés

La France comprend 21 corps d'armée actifs (un corps d'armée = 40 000 hommes), 22 divisions de réserve, 4 brigades territoriales, 10 divisions de cavalerie. Viennent s'ajouter courant août à cet effectif deux divisions d'Algérie, une division du Maroc, une division alpine et cinq groupes alpins ce qui fait un total équivalent à 34 corps d'armée et 10 divisions de cavalerie.

Le Royaume Uni comprend deux corps d'armée et la Belgique six divisions d'infanterie. Les forces alliées représentent au total 39 corps d'armée et 12 divisions de cavalerie.

L'Allemagne

Elle compte 21 corps d'armée actifs et 13 de réserve, 17 brigades mixtes de Landwehr équivalentes à 4 corps d'armée, 33 brigades de Landwehr équivalentes à 8 corps d'armée, 10 divisions de cavalerie puis à partir du 5 octobre, 51/2 corps d'armée supplémentaires et une division de fusiliers marins. Les forces allemandes représentent au total 52 corps d'armée et 10 divisions de cavalerie.

Répartition des effectifs au début de la guerre

Les Alliés

  • Ire armée, général Dubail, entre la Suisse et Lunéville, 280 000 hommes
  • IIe armée, général de Castelnau, entre Lunéville et Pont-à-Mousson, 180 000 hommes
  • IIIe armée, général Ruffey, entre Commercy et Étain puis frontière belgo-luxembourgeoise, 200 000 hommes
  • IVe armée, général de Langle de Cary, entre Commercy et Bar-le-Duc puis de Sedan à la frontière belge, 160 000 hommes
  • Ve armée, général Lanrezac, entre Verdun et Mézières puis entre Fourmies et Sedan, 240 000 hommes
  • Trois divisions du général Valabrègue, sur l'Oise entre la Ve armée et l'armée britannique.

L'effectif total des troupes françaises représente environ 1 100 000 hommes

L'armée britannique, général French, sur la Sambre à l'ouest d'Avesnes, 70 000 hommes

6 divisions belges, les 1re et 2e ont 18500 hommes chacune et les autres divisions comptent 14 500 hommes soit un total de 95 000 hommes.

L'ensemble des forces alliées représente 1 265 000 combattants

L'Allemagne

  • Détachement d'armée, général von Deimling, région de Mulhouse et Colmar, 40 000 hommes
  • Ire armée, général von Kluck, région d'Aix-la-Chapelle, 260 000 hommes
  • IIe armée, général von Bulöw, région de Malmédy-Monjoie, 260 000 hommes
  • IIIe armée, général von Hausen, région de Saint-With, 120 000 hommes
  • IVe armée, Duc de Wurtemberg, région de Bitburg-Pronfeld, 200 000 hommes
  • Ve armée, Kronprinz d'Allemagne, région de Trèves, 200 000 hommes
  • VIe armée, Kronprinz de Bavière, entre Sarrebourg et Remilly, 200 000 hommes
  • VIIe armée, général von Heeringen, entre Schestadt et Sarrebourg, 120 000 hommes

L'ensemble des armées allemandes en ligne s'élève à 1 600 000 hommes soit une supériorité numérique de 400 000 combattants.

Quelques dates en 1914

  • 28 juin, assassinat de l'Archiduc François Ferdinand à Sarajevo
  • 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie ; l'Allemagne soutient l'Autriche-Hongrie et la Russie soutient la Serbie.
  • 30 juillet, mobilisation générale en Russie et en Autriche-Hongrie.
  • 1er août, mobilisation générale en France, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie.
  • 3 août, l'Allemagne déclare la guerre à la France
  • 4 août, le Royaume Uni déclare la guerre à l'Allemagne et l'Allemagne à la Belgique. Les premières troupes allemandes pénètrent en Belgique dans la soirée.
  • 6 août, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Russie. Ce même jour, 550 trains allemands franchissent le Rhin en direction du front ouest.

La bataille des frontières peut commencer.

Bataille_des_frontieres,_21_aout_1914.jpg

Stèle du 4e RI anciennement érigée dans le cimetière de Signeulx
68053023.jpg

La IIIe armée française

La IIIe armée française est constituée des 4e, 5e et 6e corps d'armée. Elle assure la couverture lors de la mobilisation générale et de la concentration.

1er août 1914

Dans toutes les églises de France, le tocsin sonne. Le tocsin c'est toujours un signe de catastrophe. En moins d'une semaine, les villages se sont vidés de leurs forces vives. Les chemins de fer ont mobilisé tout ce qui roule conformément au plan XVII. 10 000 trains sont utilisés pour la mobilisation et 5000 pour la concentration.

Mise en place de la couverture

Au nord, le 4e corps (7e et 8e divisions) du général Boëlle installe son QG à Consenvoye, sur la Meuse, au nord de Forges. Sa mission consiste à surveiller sa ligne de couverture et d'opérer un contact avec la droite de la IVe armée.

Au centre, le 5e corps (9e et 10e divisions) du général Brochin établit son QG dans la région de Dieppe-devant-Douaumont, à l'est de Verdun.

le 6e corps (12e, 40e et 42e divisions) du général Sarrail surveille la frontière de l'Est et installe son QG d'abord à Vigneulles puis à Fresnes-en-Woëvre et enfin à Étain.

Invasion allemande et premiers combats

À la déclaration de guerre, le président du conseil René Viviani donne l'ordre aux troupes de couverture de se retirer à 10 kilomètres en deçà de la frontière de façon à bien établir que seule l'Allemagne est l'agresseur, condition essentielle pour faire jouer les alliances.

Jusqu'au 16 août, la IIIe armée reste cantonnée dans la zone précitée. L'état-major définit un double objectif : se tenir face à la place forte de Metz et se préparer à marcher plein nord, en direction des frontières belge et luxembourgeoise. La Belgique ayant détruit ses voies ferrées et ses ponts de chemin de fer, la traversée de son territoire par les troupes allemandes en direction de la France se fait à marche forcée.

Le 6 août 1914, l'ennemi profite de l'espace laissé libre après le recul de 10 kilomètres pour occuper rapidement une grande partie du bassin de Briey, investir Longwy et pousser une pointe hardie dans la direction de Damvillers et de la Meuse.

Corps d'armée allemands engagés dans le plan Schliffen
Aufmarsch_im_Westen_1914.jpg

La bataille des frontières

Le 20 août 1914, Joffre ordonne à la IIIe armée de prendre l'offensive le long de l'axe Virton-Longwy. "L'ennemi sera attaqué partout où on le rencontrera" avait-il dit.

Le 21, les trois corps d'armée quittent leurs cantonnements, précédé par la 7e division de cavalerie. Après avoir parcouru 40 kilomètres sous une chaleur accablante, ils atteignent la frontière belge. Le lendemain, sous un épais brouillard, les trois corps d'armée sont taillés en pièce par la Ve armée allemande. Les 7e et 8e divisions sont massacrées respectivement à Ethe et Virton, les 9e et 10e divisions à Mussy-la-Ville, Baranzy, Gorcy et Cosnes-et-Romain et les 12e, 40e et 42e divisions entre Longwy et Audun-le-Roman.

La bataille des frontières se conclut par une indiscutable victoire allemande, les armées françaises sont en retraite. Le plan d'invasion de la France élaboré par Schiefflen semble fonctionner. Le gouvernement français redoute une débâcle généralisée.

Monument du 130e RI à Mangiennes
94044813.jpg

Pour Joffre, il s'agit d'une retraite organisée en attendant le moment propice pour contre-attaquer. Échapper au piège, prendre du champ, remettre de l'ordre dans les armées ébranlées, éviter le découragement : "Une retraite ça s'organise comme une victoire".

A la demande de la France, les Russes lancent une grande offensive en Prusse orientale pour soulager le front ouest. Les Allemands envoient sur le front est le 5e corps d'armée, le 11e corps qui vient de s'illustrer à Namur et le corps de réserve de la garde. Ces unités vont leur faire cruellement défaut lors de la bataille de la Marne.

Le 23 août est marqué par un nouveau repli de la ligne française. La IIIe armée recule pied à pied des bords de la Chiers près de la frontière belge à ceux de la Meuse devant les troupes de la Ve armée allemande. Ce jour, cette dernière enlève Longuyon et la vallée de la Chiers et rejette les troupes de la IIIe armée française vers la vallée de l'Othain.

Dans la nuit du 23 au 24, le général Micheler prend le commandement du 5e corps. Ce lorrain doté d'un tempérament de chef est nommé par Joffre suite à la disgrâce du général Brochin. Ses premiers ordres sont de suspendre la retraite et, au grand dam de son entourage, d'entreprendre une offensive immédiate.

Massacre des prisonniers de la 7e division et des civils à Gomery
95044322.jpg

La bataille de l'Othain

L'attaque est lancée le 24 au matin, en avant de Saint-Laurent et de Sorbey. De leur côté, les Allemands du 13e corps se battent au sud de Longuyon et de Noërs. Malgré leur lassitude, les troupes françaises stimulées par le général Micheler qui s'est porté en première ligne, prennent bientôt l'ascendant sur leur adversaire mais le 6e corps très éprouvé les jours précédents ne peut appuyer le 5e corps sur sa droite. Son flanc menacé, le général Micheler ordonne la retraite derrière l'Othain et transporte son QG à Merles.

Le 25 août, les IIIe et IVe armées françaises bien que résistant face à l'ennemi reçoivent l'ordre de se replier sur la rive gauche de la Meuse. L'ordre général du 25 août prescrit aux deux armées d'utiliser tous les obstacles pour arrêter par des contre-attaques courtes et violentes dont l'élément principal sera l'artillerie, la marche de l'ennemi ou tout au moins la retarder. Les deux armées prennent la direction de Damvillers.

Le général Micheler regroupe les régiments du 5e corps dispersés par trois jours de combat et de retraite dans le secteur compris entre Vittarville et Mangiennes. Les hommes sont excédés de fatigue mais le moral reste encore assez élevé dans bon nombre d'unités.

Carte des combats de l'Othain
eton.jpg

Quelques liens utiles sur la bataille des frontières :

Sources :

  • Souvenir Français de Dun
  • Wikimedia common
  • Crédit Photo : Alain Cesarini

Page suivante

Mots-clés associés

Date de création : 22/02/2018 10:00
Catégorie : - Grande Guerre-Bataille des frontières
Page lue 3904 fois

Réactions à cet article

Personne n'a encore laissé de commentaire.
Soyez donc le premier !